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J’ai eu un accident de vélo…

Il y a quelques semaines, je me suis fait percuter par une voiture lorsque je revenais en vélo après le travail. Heureusement, la collision s’est faite à basse vitesse. C’est ce qui m’a permis de m’en sortir avec seulement quelques égratignures, bleus et un vélo cassé.

Pour faire un petit résumé de la situation, un conducteur distrait a brûlé sa lumière rouge et m’a foncé dedans alors que je passais sur une lumière verte. Bien qu’il soit passé à deux doigts de me rouler sur les deux jambes, je ne vais pas mettre l’accent sur ce qui n’est pas arrivé. Je ne vais pas dédier cet article à un conducteur distrait qui a visiblement fait une erreur d’inattention non plus.

Les conséquences de cet accident ne sont pas des séquelles physiques, mais plutôt psychologiques. Le corps guérit seul, dans la mesure du possible, et ne se pose pas de questions. C’est dans la tête que ça se gâte. Lorsqu’un accident de la sorte arrive, on se dit qu’on aurait très bien pu y passer. En ce qui me concerne, j’aurais donc pu mourir à 26 ans en dessous d’un VUS. Quelle mort stupide et sans aucun sens que ça l’aurait été!

La chose la plus précieuse qu’on a dans la vie c’est le temps. Le temps n’est pas garanti, ni remboursable et il est impossible de savoir combien il nous en reste. Une chose est sûre, chaque seconde on se rapproche un peu plus de la fin. Cette fin peut arriver la semaine prochaine, à 40 ans, où juste avant la retraite (je vous souhaite une longue vie à toutes et à tous)… La vie est imprévisible et la fin peut malheureusement arriver n’importe quand.

Mon accident me fait beaucoup réfléchir sur ma vie et sur comment je gère cette précieuse ressource : le temps. Je me surprends dernièrement à remettre en question les décisions que j’ai prises il y a environ deux ans, lorsque j’ai décidé que j’allais atteindre le fameux « FIRE (Financial Independence Retire Early) » un jour. Je pense que la majorité des gens seraient d’accord pour dire que c’est un excellent objectif à atteindre dans la vie. J’adhère encore à l’idée, mais c’est la façon dont j’ai décidé de m’y rendre qui me dérange de plus en plus. Généralement, pour s’y rendre, il faut dépenser moins et économiser beaucoup. Certains sont donc portés à se dire qu’ils vont économiser pour quitter la « rat race » afin de devenir maîtres de leur temps… Après, en moyenne, 17 ans de 9 à 5.

17 ans c’est trop long à mon avis. Personnellement, ce n’est pas le travail qui me dérange, mais plus son contexte. Je déteste la hiérarchie, la « bullsh*t » corporative, les titres, le léchage de bottes, l’environnement « de famille » que les entreprises essaient de me faire avaler et tout le principe du 9 à 5.

J’ai la possibilité de me trouver un travail qui se fait à distance dans mon métier. Juste le fait de ne pas devoir payer pour le transport et en termes d’économies de temps, je serais gagnant (voir se rendre au travail, combien ça coûte?). Malheureusement, ça ne règle en rien mon problème, ça le rend simplement légèrement moins pire. En effet, je vais toujours travailler pour quelqu’un d’autre parce que je « vends » ce que j’ai appris à l’école à mon employeur. Je serais donc toujours un peu à la merci de mon patron parce que c’est lui qui me paie et donc lui qui décide au final. Être dans une position semblable tue la créativité (du moins, la mienne).

Vu que je ne peux pas exprimer ma créativité, tout ça me rend malheureux et je me sens souvent forcé à faire quelque chose que je ne veux pas faire parce qu’on me l’impose (et avec raison, vu qu’on me paie pour mes services). Sans créativité, je perds mon humanité en quelque sorte. Je deviens un robot qui exécute tout le temps les mêmes tâches.

Tout ça va avoir servi à quoi si je meurs deux ans avant mon objectif dans un accident de vélo, écrasé par un VUS qui a brûlé sa lumière rouge? J’aurais enduré un travail qui ne me convient pas pendant 17 ans pour atteindre l’indépendance financière? Ne devrais-je pas plutôt faire quelque chose qui correspond exactement à ce que j’aimerais faire, où je pourrais exprimer ma créativité, dans les conditions que j’aimerais avoir quitte à atteindre l’indépendance financière plus tard? L’indépendance financière est-elle vraiment une nécessité lorsqu’on trouve ce qui nous convient parfaitement? Si je me lance en affaires et que je deviens mon propre patron, combien vais-je sacrifier d’économies pour réaliser mon rêve? Est-ce que je serais en mesure de subvenir à mes besoins?

Je vais devoir trouver des réponses à ces questions. En effet, si je me lance en affaires et que je travaille pour moi-même, je n’aurais pas toutes les contraintes d’une corporation. Je serais libre, je vais pouvoir faire usage de ma créativité et travailler sur ce que j’aime… N’est-ce pas ce que les gens font une fois qu’ils atteignent l’indépendance financière?

2 réflexions sur “J’ai eu un accident de vélo…”

  1. J’ai les mêmes réflexions sur le choix qu’il faut faire entre atteindre l’indépendance financière au plus vite ou bien se trouver un chemin de vie satisfaisant dès maintenant. J’en viens de plus en plus à la conclusion que ça ne vaut pas la peine d’être malheureux pour espérer atteindre l’indépendance financière plus rapidement.

    Merci pour l’article!

    1. Bonjour Florence!

      Exactement! Je trouve également qu’on devrait se poser plus de questions sur comment on atteint l’indépendance financière plutôt que de se concentrer principalement sur le nombre d’années. En ce qui me concerne, j’y travaille fort en ce moment! À suivre…
      Merci pour votre commentaire!

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